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#PlayStationPGW, coup de comm’ ou vraie conférence ?

Mardi, Sony s’est fendu d’une conférence de presse depuis la Défense, retransmise en direct sur Internet. Les moyens étaient là, et les invités nombreux. Mais les annonces étaient-elles à la hauteur ?

Lorsque Sony a annoncé son intention d’annuler sa traditionnelle conférence de la Gamescom à Cologne pour la déplacer à Paris dans le cadre de la Paris Games Week, soyons sincères, on a douté. L’éditeur n’était-il que l’instrument d’un coup de comm visant à faire passer la Paris Games Week pour un véritable salon professionnel ? Le calendrier est un autre problème : peut-on réellement garder de belles annonces à seulement deux mois de la fin de l’année ?

Finalement, alors que votre serviteur a eu la chance d’assister à cette conférence sur place, le bilan n’est pas si noir.

Une vraie conférence

On ne réitèrera pas ici tout le mal qu’on pense de la Paris Games Week, un salon qui n’a rien de professionnel et un vrai cauchemar pour les équipes de presse qui tentent d’y faire leur travail. Entre le peu de bornes disponibles sur place et les temps d’attente démesurés, même lors de la soirée inaugurale… PGW reste, dans tous ses choix et ses actes, une foire à la saucisse purement consumer pour la famille qui prépare ses achats de Noël.

La conférence de Sony n’en était donc que plus étonnante dans ce contexte : entièrement en anglais, elle réunissait des journalistes du monde entier tous réunis sur place. Sur scène, les grosses légumes de Sony (Shuhei Yoshida, Jim Ryan) côtoyaient les grands noms du jeu vidéo (Yoshinori Ono, Katsuhiro Harada, Kazunori Yamauchi, Christophe Balestra, Michel Ancel, David Cage…). Bref, elle n’avait pas à rougir face à toutes les autres conférences tape-à-l’œil habituelles de la Gamescom et de l’E3.

Quelques annonces

Pour l’occasion, Sony avait pris soin de garder sous le coude quelques annonces inédites.

On pensera notamment à Gran Turismo Sport, le nouveau volet de la série en perte de vitesse de Polyphony Digital, qui pour l’occasion se dote d’un nouvel enrobage, plus orienté vers les voitures sportives, luxueuses, et le compétitif. Un jeu qu’on risque d’attendre, puisqu’une première version beta est attendue pour début 2016, sans plus de précisions.

Autre annonce qui aura fait du bruit, celle de Detroit (habilement sous-titré Become Human). La prochaine production de Quantic Dream, studio du sémillant David Cage, permettra d’incarner l’androïde Kara, qui avait fait l’objet d’une démo technique remarquée sur PS3. C’est léché, et certaines des thématiques abordées peuvent être passionnantes. Mais avec les années, on a également appris à se méfier du père Cage, surtout depuis le très discutable Beyond: Two Souls. À voir…

Plus anecdotique fut l’annonce de Driveclub Bikes. L’autre série de course de Sony, celle qui n’a pas rencontré le succès critique, se rappelle au souvenir des joueurs en se dotant d’une extension intégrant les motos. Toute ressemblance avec PGR 4 ou Burnout Paradise serait fortuite, quoique bien vue. Pour Sony ce fut surtout l’occasion de marquer le coup en annonçant une disponibilité immédiate de l’extension, en ligne, après la fin de la conférence.

Du gameplay et du détail

Enfin, ce fut l’occasion pour Sony de fournir plus d’infos sur certains jeux attendus. Ainsi, No Man’s Sky, qui se paye pour la énième fois un trailer qui ressemble à tous les précédents, se dote d’une date de sortie (juin 2016).

Uncharted 4: A Thief’s End, dont la sortie est prévue le 18 mars 2016, aura droit à sa beta multijoueur du 4 au 13 décembre 2015 (et promis-juré, on ne dira rien sur le downgrade graphique hallucinant dont il a fait l’objet depuis sa première présentation).

Dreams, le nouveau projet de Media Molecule dont on n’avait vu qu’une présentation très abstraite à l’E3, se précise avec du vrai gameplay. C’est beau, très beau même, et probablement un peu trop ambitieux ; on nous promet un outil complet de création de jeux en 3D, comme une sorte de super LittleBigPlanet aux hormones. Reste à savoir si le titre tiendra ses promesses et saura convaincre le public, ce qui n’est pas gagné.

La réalité virtuelle a également fait l’objet d’un pan considérable de la conférence. Sony mise de toute évidence beaucoup sur son PlayStation VR et cela se voit avec plusieurs titres.

Citons en vrac RiGS, un jeu multijoueur compétitif vous plaçant au cœur d’une arène dans un mecha, avec des règles proches d’un jeu de sport du futur où il vous faudra marquer des points en atteignant le but central. Sympa et nerveux, mais probablement pas de quoi se relever la nuit.

Until Dawn: Rush of Blood, un spin-off en mode « foutage de gueule » d’une licence déjà pas bien glorieuse, dans lequel on vous propose de monter à bord d’une sorte de train fantôme amélioré. On ne va pas se mentir, ça a l’air très mauvais.

Et enfin, The Walk, une adaptation en réalité augmentée du film éponyme de Robert Zemeckis, qui reprend l’histoire vraie de Philippe Petit, l’homme qui avait marché sur une corde raide entre les deux tours du World Trade Center. Une pure expérience VR qui, vous l’avez compris, est fortement déconseillée aux sujets atteints de vertige.

La sélection du chef

Je retiendra personnellement trois jeux, déjà connus mais qu’on a pu découvrir un peu plus via des séquences de gameplay approfondies.

D’une part, sans surprise, Horizon: Zero Dawn. Cet espèce de Monster Hunter survitaminé et boosté à coups de mechas avait fait forte impression lors de sa présentation initiale à l’E3. À l’applaudimètre, il a confirmé son statut de jeu très attendu auprès des joueurs.

Ayant passé beaucoup de temps sur le premier volet, j’attend également avec impatience Gravity Rush 2, dont on a vu peu de nouvelles choses. Seul un trailer, un rien confus, est venu ponctuer l’annonce d’un nouveau système de combat où on pourra alterner entre trois modes : normal, Lunar (plus léger et rapide) et Jupiter (au contraire plus lourd et puissant). Graphiquement, on a l’impression d’être resté sur PS Vita…

Enfin, comment ne pas parler de WiLD, le nouveau projet de notre adoré Michel Ancel. Dans une vidéo de gameplay pré-enregistrée, le jeu s’est largement dévoilé. Il vous propose d’incarner un chaman capable de prendre possession de l’esprit de n’importe quel animal croisé sur votre chemin. Du petit lapin aux nuées de corbeaux, en passant par les ours et les aigles… Le tout dans un univers somptueux, avec une DA à tomber par terre. Vous l’avez compris, j’en attend énormément, et ne pense pas être déçu.

Pari réussi ?

Finalement, le risque était grand pour Sony. Risque de décevoir, risque de n’avoir rien de sexy à présenter en fin d’année, risque enfin de ne pas parvenir à rameuter la presse internationale à Paris pour une conférence qui avait tout à prouver.

L’épreuve est passée et il semblerait que l’éditeur s’en soit bien sorti. Avec les interrogations que cela va, nécessairement, susciter : Sony reproduira-t-il l’expérience l’an prochain ? Le Paris Games Week assumera-t-il enfin ses velléités de transformation pro à partir de l’année prochaine, ou continuera-t-il à porter une double casquette hypocrite ? Les autres éditeurs commenceront-ils à regarder Paris comme une destination viable pour leurs conférences à l’avenir ou resteront-ils à Cologne ? Les réponses… dans un prochain épisode.

Yoann Ferret

Directeur de la publication, fondateur de Café Gaming, et plein d'autres titres pompeux qui ne veulent rien dire. J'aime la bière, le chiptune bien fat, SEGA, Tetsuya Mizuguchi et Rock Band. Quand je n'écris pas sur Café Gaming, j'écris... sur Freenews — il paraît même que c'est mon job.

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