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Ingress, le jeu des futurs développeurs de Pokémon Go

Connaissez-vous Ingress ? Ce jeu géolocalisé en réalité augmentée, disponible pour smartphones Android et iOS, est un des précurseurs du genre. Il est développé par Niantic, studio que l’on connaît désormais mieux puisqu’il se chargera de la conception de Pokémon Go, tout récemment annoncé.

J’ai repris il y a quelques jours une nouvelle partie sur Ingress, histoire de faire un second avis sur ce jeu qui a déjà plusieurs années au compteur et auquel je n’avais consacré que trop peu de temps avant d’y renoncer.

Le principe

Comme tout bon ARG (« augmented reality game »), Ingress se déroule dans le monde réel. Le principe de base en est simple : des portails mystérieux ont commencé à apparaître un peu partout dans le monde. Ceux-ci n’apparaissent qu’avec l’utilisation d’un terminal spécifique (votre smartphone) sur une carte. Deux factions s’opposent pour leur contrôle : les Éclairés (« Enlightened ») en vert, et les Résistants (« Resistance ») en bleu. À vous de choisir en début de partie à laquelle vous prêterez allégeance, sachant qu’il vous sera impossible d’en changer par la suite.

Se déplacer dans le monde réel est indispensable puisque les portails ne seront pas tous au pied de votre porte. De même, la plupart des actions nécessitent de dépenser un certain nombre de points (« XM »), représentés sous forme de poussière brillante sur la carte, que vous ne pourrez acquérir qu’en marchant dessus.

Lorsque vous croisez un portail, qu’il soit capturé ou non et même s’il appartient à l’équipe ennemie, vous pouvez tout d’abord le « hacker » : c’est l’action de base, qui ne vous coûte rien. Elle vous permet d’acquérir des items, indispensables au reste du jeu. Si personne ne s’est encore emparé d’un portail (blanc), il vous suffit d’y déployer au moins un Resonator pour le capturer.

Au fur et à mesure de la capture, il devient possible de lier les portails proches entre eux, afin de commencer à recouvrir des zones entières. Plus votre réseau de portails gagne en importance, plus vous pourrez colorer la carte en faveur de votre faction… mais attention, les Resonators devront régulièrement être rechargés manuellement avec de l’énergie XM apportée par les joueurs !

Il est enfin possible de passer à l’attaque. Vous pouvez attaquer des portails ennemis proches, ou même des joueurs directement, à l’aide de divers items comme les XMP Bursters. C’est de cette façon que vous pouvez reprendre l’avantage en zone ennemie, en reprenant le contrôle de portails isolés ou en détruisant les liens qui les lient à d’autres. Attention cependant, les portails ennemis peuvent également être équipés de mods défensifs, qui iront jusqu’à vous attaquer à vue. Il est impossible de mourir, mais ces items peuvent réduire à néant votre jauge de points d’XM, neutralisant toute action possible de votre part.

Tous les éléments de gameplay seraient trop longs à expliquer dans un simple article d’aperçu, mais ils ne vous seront pas tous divulgués d’un bloc. Tout cela se fait de façon progressive : le joueur, les portails, les items sont tous dotés de niveaux d’expérience, à la façon d’un RPG. Ce n’est qu’en jouant, et jouant encore, que vous pourrez pleinement prendre conscience de la profondeur d’Ingress.

Les défauts

Ingress est un jeu addictif au possible, mais il n’est pas exempt de défauts.

Le plus évident est son manque de clarté : les tutos se multiplient pour expliquer aux nouveaux joueurs les rudiments du gameplay et de la capture, mais ils ne remplissent pas vraiment leur objectif. Les premières heures de jeu seront probablement confuses. Pourtant, le titre vaut le coup qu’on persévère, car à tâtons on finit par acquérir toutes les règles de l’univers et à bien s’amuser.

Il s’agit également d’un jeu assez urbain : vous vous amuserez probablement beaucoup en ville avec de nombreux portails et d’autres joueurs à affronter, mais en zone moins habitée, les portails se font rares et le gameplay forcément moins palpitant.

Enfin, on pourra signaler un certain manque d’équilibre entre les deux factions : en France, les Éclairés dominent largement le territoire. Il s’agit d’une situation qui était prévue par Ingress, qui ne compte pas empêcher une équipe de gagner (le studio pense d’ailleurs que son jeu aura une durée de vie limitée et se « finira » un jour) mais cela peut rendre une partie avec la Résistance assez frustrante. Cette faction est généralement obligée de s’organiser pour mieux jouer : un rapide coup d’œil sur Google vous montrera qu’il existe de nombreux sites et forums régionaux de la Résistance en France.

Il apparaît évident que, pour Pokémon Go, Niantic ne pourra pas se contenter de reproduire le principe d’Ingress à la lettre. Ce dernier repose sur le contrôle de territoire, avec des portails fixes par nature. On est donc curieux de savoir de quelle façon le développeur va réussir à adapter son concept à la sauce Pokémon, avec des bestioles mouvantes : seront-elles visibles sur la carte, de quelle façon pourra-t-on les capturer, etc. On n’en sait pas beaucoup plus pour l’instant, mais le potentiel est là. Il ne reste qu’à transformer l’essai !

Yoann Ferret

Directeur de la publication, fondateur de Café Gaming, et plein d'autres titres pompeux qui ne veulent rien dire. J'aime la bière, le chiptune bien fat, SEGA, Tetsuya Mizuguchi et Rock Band. Quand je n'écris pas sur Café Gaming, j'écris... sur Freenews — il paraît même que c'est mon job.

Une réponse à “Ingress, le jeu des futurs développeurs de Pokémon Go

  1. Salut,
    Ingress est un très bon jeu de réalité augmentée ! Je suis très heureux d’avoir pu essayer ce titre et j’encourage tout le monde à y jouer. Il vaut vraiment le détour.

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