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Madworld

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La Wii arbore une image de console familiale qui privilégie les party-games et autres jeux casuals au détriment de jeux à challenge plus à l’ancienne, des vrais jeux quoi. Sega continue sa politique « Genesis does what nintendon’t » et après un House of The Dead : Overkill complètement barré, Madworld déboule, premier jeu de l’une nouvelle Dream-Team alliée de Sega, PlatinumGames.

  • Éditeur : SEGA
  • Développeur : PlatinumGames
  • Genre : Action/Beat’em all
  • Plate-forme : Wii
  • Sortie : 20 mars 2009
  • Classification : 18+

PlatinumGames, une équipe de tueurs

PlatinumGames est un studio fondé en 2006 (et anciennement nommé Seeds, Inc) par des pointures dans le milieu. Pourquoi PlatinumGames ? Tout simplement pour exprimer le fait que le platine est un métal noble, ce qui veut dire qu’il résiste à la corrosion et l’oxydation. En d’autres termes, il est inaltérable au fil du temps. PlatinumGames, donc, se veut de faire des jeux qui marqueront les esprits dans le futur et entre nous, ils commencent fort bien. Si Shinji Mikami, Atsushi Inaba et Hideki Kamiya ne vous disent rien, je pense qu’il est temps pour vous de rattraper ce retard vidéoludique. Ces trois grands noms de Capcom appartenaient au feu studio Clover, celui qui nous a donné le fantastique Okami sur PS2/Wii. On a eu également droit aux très bons God Hand, Viewtiful Joe et évidemment avant cela, Devil May Cry n’est pas passé inaperçu. La piqûre de rappel vous fait-elle du bien ? Continuons donc. En octobre 2006, Capcom annonce la fermeture de Clover Studios, faute de résultats financiers insuffisants malgré la qualité exceptionnelle de ses titres. Suite à ça, le gros de la défunte équipe déménage et crée Seeds, Inc. Pas de nouvelles jusqu’en mai 2008 où SEGA annonce un partenariat avec cette équipe de folie. Quatre jeux sont annoncés, sous l’égide du géant SEGA. Et voici donc le premier venu, sur Wii, Madworld, supervisé par Atsushi Inaba.

Madworld, ovni vidéoludique ?

On peut se demander comment ce jeu a-t-il pu passer l’avis de Nintendo quand on observe les images et vidéos du jeu. Ce jeu tranche complètement avec les jeux habituels de la console familiale. Au premier coup d’oeil on s’aperçoit d’une chose : le jeu tourne en noir & blanc, avec des teintes de rouge provenant du sang de vos adversaires. Trois couleurs qui marquent, l’ambiance et le parti pris graphique impressionnent, la Wii semble être bien maîtrisée. Quand on commence à jouer, on voit que le jeu se veut être une simulation de massacres, avec de nombreuses possibilités de mises à mort et bien sûr des mises en scène spectaculaires.

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Jack l’éventreur

L’histoire se déroule à Varrigan City qui suite à un acte de terrorisme provenant des DeathWatchers, est complètement isolée du reste du monde et contaminée par un virus très mortel. C’est à partir de là que le show télévisé Death Watch commence. Chaque participant se doit de survivre et de tuer tous ses opposants afin de gagner des places au classement. Pour cela, aucune règle, tous les coups sont permis et c’est ainsi donc que les gladiateurs modernes bénéficient de sponsors leur procurant armes et différentes informations. Le Death Watch atteint son paroxysme quand les riches bourgeois et aisés de la ville parient de l’argent sur les concurrents et que des millions se baladent sur la tête d’individus sauvages. C’est un véritable business qui se cache là-dessous que notre héros va tenter d’arrêter définitivement.

Jack Cayman s’incruste au troisième jour et c’est armé de sa tronçonneuse intégrée à son bras droit qu’il se met à trucider tout le monde. Le scénario est riche en événements et rebondissements en tout genre, sans tout vous spoiler, la fin surprend. Comme il le dit si bien, Jack n’aide pas les gens, il les tue. Et de quelles manières mes amis ! Tout est bon pour tuer. Du simple combo de patates, au grillage électrique, en passant par les pics acérés et les scies rotatives, et bien sûr l’arme principale de Jack, sa tronçonneuse qui lui servira plus d’une fois.

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It’s a madworld !

Le jeu s’apparente tout d’abord à un beat’em all tout à fait original mais le schéma s’avère très classique. Des hordes d’ennemis sont présents pour vous dégommer et à vous de tous les vaincre en perdant le moins de vie possible et en enchaînant les mutilations et autres actes de barbarie très prononcés pour gagner un maximum de points. Oui car ce jeu conserve l’esprit hardcore de Sega, le scoring à outrance. Comme dans The Club, il va falloir faire des combos pour avoir un maximum de points et atteindre le rang d’ULTRA VIOLENCE. A vous donc d’enchaîner les assassinats de la plus ignoble des manières afin que le score s’envole. Les niveaux sont truffés d’objets vous facilitant la tâche, des panneaux de signalisation que l’on peut décrocher pour les enfoncer dans le crâne d’un adversaire, des pneus pour les immobiliser, des bennes à ordures qui font office de découpe-humain, des bus décorés de pics aiguisés.. j’en passe et des meilleurs.

Chaque niveau dispose de plusieurs stades de score vous permettant de bénéficier de bonus comme des nouvelles armes destructrices (pour un certain lap de temps seulement n’abusons pas !), des parties de décor mobiles létales, ou encore des points de vie. Et bien sûr, un score minimum est requis pour débloquer les boss de chaque niveau.

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Streets of Rage Fighter

Le combo Wiimote/Nunjuk fonctionne bien, Jack se déplace avec le joystick analogique, on saute avec Z, la caméra se recentre avec C. Avec la Wiimote, la tronçonneuse s’active avec B doublé d’un mouvement horizontal ou vertical pour découper, on frappe avec A, on provoque avec bas de la croix directionnelle. Les ennemis rencontrés ne sont pas en reste, ils disposent eux aussi de leur panoplie d’armes, couteaux, épées, tronçonneuse et autres armes de folie (genre Sabres lasers) ! Cependant, à la première partie (en mode normal donc), il est dommage que l’IA ne soit pas plus agressive : on le voit bien, ils restent postichés sur place avec une énorme pancarte derrière la tête « FREE SLASH ». Heureusement qu’une fois le jeu fini, on peut jouer en difficile et là c’est un autre jeu encore plus nerveux car les ennemis sont nettement plus virulents et la barre de vie descend bien vite !

Pour éviter une certaine monotonie dans les niveaux, à fracasser du loubard sans défense (si si !), il y a des ennemis plus coriaces qui font leur apparition et plus difficiles à vaincre. Ils s’apparentent à des sous-boss et n’hésitent pas à vous courser partout où vous allez ! En gros, c’est du challenge supplémentaire dans la course au scoring. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les Special Finish pour achever l’adversaire, comme dans les beat’em all de cette génération, vous pouvez exécuter un coup spectaculaire dans le but d’étriper violemment votre assaillant et grâce à la Wiimote (pour une fois), ces mises à mort sont très sympas à exécuter. Sous forme de QTE Wii-esque, il va falloir mimer ce qui est représenté à l’écran. Malgré quelques imprécisions de temps à autre (Wiimote oblige), le résultat demeure globalement satisfaisant et plus important, carrément jouissif. Je m’étais posé la question si ce jeu aurait la même saveur s’il était porté sur PlayStation 3 et Xbox 360… j’en suis arrivé que même si le gameplay reste classique, les coups de tronçonneuse ainsi que toutes les QTE pour achever les ennemis me manqueraient…

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Les boss de fin de niveau ont tous une faille qu’il faut découvrir puis ensuite exploiter de manière à déclencher les actions contextuelles. Les affrontements se déroulent en un contre un et ne sont pas d’une difficulté abusée. Cependant, la caméra peut être capricieuse et le fait de devoir la recadrer avec C n’aide pas. On peut fixer la caméra sur un ennemi, de manière à ce qu’on puisse tourner autour mais curieusement il arrive qu’elle se décroche après certaines actions sans explication… Rien de plus frustrant que de refixer la caméra en maintenant le bouton C pendant quelques secondes. Comme d’habitude, les finish sont extraordinaires de cruauté.

Madworld, un jeu trop cruel et trop ghetto !

Pendant les niveaux, pour embellir le tout, on a droit à des épreuves bonus, les Bloodbath Challenge (comprenez par là les Challenges Bain de Sang). Ils consistent à tuer un maximum d’ennemi d’une manière spécifique dans le but de toujours augmenter son score. Ces épreuves chronométrées sont introduites par le très charismatique Baron Noir (Black Baron en original). De manière ultra ghetto et vulgaire, il explique les règles des challenges et accompagné de sa copine, ça termine toujours en running gag : il se fait buter. Toujours marrant à voir, j’ai limite envie d’en faire un cosplay (ce qui ne serait pas trop dur en fait).

En plus de ça, l’ambiance musicale type rap hip-hop gangsta colle indéniablement au jeu. Les musiques sont marquantes et s’imprègnent bien dans la tête. Les bruitages bien inspirés également sont une réussite. Mais hélas, quelques défauts existent…

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La vie au ralenti…

Tout d’abord, malgré que le jeu soit fluide, le jeu tourne malheureusement en 50 Hz. Etrange quand même de nos jours non ? Mais si c’est un souci mineur, certaines phases du jeu posent vraiment problème. Jack est un motard et les phases de jeu en moto sont assez brouillonnes pour finir rapidement gavé. Leur intérêt est plus que minime, on se contente de cogner du loubard sans aucune variation. Plus frustrant lors des affrontements, le placement de la caméra n’est pas du tout parfait, le fait de pouvoir la fixer n’est réellement exploitable que contre les boss et même là, par moment elle se décroche sans raison… Wii oblige, le jeu souffre par moments du trop grand nombre d’ennemis à l’écran, minime mais pénible.

Et pour finir, la difficulté du titre qui laisse à désirer, heureusement qu’une fois le jeu fini, on peut jouer en difficile et là, le challenge devient un véritable plaisir. Les ennemis n’attendent plus et vous foncent dessus sans pitié, à chaque coup encaissé, la barre de santé de Jack descend dangereusement. De plus, vous bénéficierez de nouveaux bonus inédits et autres armes destructrices – je pense notamment à la double-tronçonneuse de Jack -, complètement fou. Le jeu a une assez bonne replay-value donc, même si la course aux points peut se révéler assez fatigante. Finissons par le multijoueur qui n’a juste aucun intérêt et qui n’aurait même pas dû être inclus au jeu. Il consiste à une bataille à mort dans une arène fermée, super.

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Finalement…

Premier bébé de la Dream-Team PlatinumGames, Madworld est une énorme prise de risque de la part des développeurs mais également de SEGA qui l’édite et qu’on reconnaît bien là dans ses décisions. Beat’em all bien violent et très original, le jeu marquera les esprits dans l’univers du jeu vidéo par son côté jouissif et totalement barré qui repousse les limites du correct. Malgré quelques défauts inhérents à la Wii, cela fait plaisir de voir ce genre de jeu sur cette console remplie de jeux casual avec des intérêts plus ou moins douteux. C’est un jeu réussi auquel on a droit et c’est très très encourageant pour les prochains projets de PlatinumGames. Le sentiment de fraîcheur est ici indéniable et c’est avec un certain empressement qu’on attend le prochain bébé de PG, je veux bien évidemment parler de Bayonetta.

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Kendo

Joueur de jeux vidéo depuis très très longtemps, partisan du si tu ne sais pas, ce n'est pas grave mais apprends au lieu de raconter des salades. Mon Shin vous guidera.

One thought to “Madworld”

  1. Étrange sentiment que de se retrouver devant un jeu qui se veut si différent, qui affiche même une sacrée différence. Une évidence en noir et blanc même. Et du rouge beaucoup de rouge. Du vin ? Un grand millésime ? Non du sang, du sang de punk, de déchets de la société, de junkies, et de psychopathes.

    Sacrée Soirée pour reprendre le mots de l’ami Foucault. Car Mad World raconte un jeu de danger. Le danger c’est de se noyer dans un milliard de références et d’y perdre son originalité. Au hasard, NEW YORK 97 de John Carpenter pour le décor, la forme et aussi LE PRIX DU DANGER d’Yves Boisset pour le discours et le fond. Et niveau violence on croise RUNNING MAN l’adaptation du roman de Stephen King avec Swarzenegger et puis aussi HELLBOY de Guillermo del Toro pour le personnage, et la violence marrante. Si tant est que les deux mots aillent ensemble. Enfin, le BD de Miller, SIN CITY pour noyer le poisson. Mad World est un best of de culture X gen.

    Allez, on allume la Wii, et on découvre assez vite que ce noir et blanc Cell-Shadé super bien trouvé il est vrai, est plus là pour masqué les limites de la console. C’est certes super ambitieux mais dans les détails c’est techniquement à l’ouest. Des tas de polygones entiers s’effacent, clippent à mort. Le jeu est assez lent, les ennemis aux fraises sont juste là à vous attendre pour servir d’ingrédients à votre recette de cuisine sadique. Le but de tout ça ? Un grand spectacle qui prône la toute violence sanguinolante. Ouais ça peut être marrant, mais ça fait pas un jeu ? Si ?

    En y réflechissant, les quidams PNJ sont là pour atteindre un certain score grâce aux différents combos qu’on leur infligent pour accéder au combat contre le boss un peu plus interessant. Une sorte d’arène où plane une liberté quasi totale de tout faire, de tuer, d’empiler les corps, de découper, d’étriper, de comboiiser à volonté. Et après, concernant le Boss, enfin un peu de stratégie parce que là il va falloir réfléchir un peu pour en venir à bout. Au final, vraiment pas convaincu par ce spectacle qui se la joue “Fan Service” à fond, et qui oublie d’être un vrai jeu. Le concept, un visuel vraiment différent, du sang, des litres de sang même (CARRIE ou THE SHINING en sont jaloux), de la violence pour une console qui apparement en a besoin (qui a demandé du sang sur Wii ?), Mad World est un concept. Une réponse un peu trop rapide à la stupidité de certains joueurs qui réclamaient un vrai jeu adulte sur la console de Nintendo qui n’est même pas taillé pour ce genre de spectacle. Un pied de nez de Sega, comme un bon film pop-Corn, qu’on appréciera pour quelques séances de “Scratch” “Flaouch” et “Schrrrak” !

    Vraiment par convaincu par cette prestation … Un mauvais exemple de créativité mal léchée. Au moins, ils pourront dire qu’ils l’ont fait. Quelle gloire !

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