Skip to main content

Banjo-Kazooie

1998-2008 : dix ans et pas une ride

BanjoKazooie_BKGND.jpg Avec l’orgueil et la prétention qu’on connaît aujourd’hui à Nintendo, qui pourrait imaginer qu’il y a 10 ans, Shigeru MIyamoto himself avait fini par avouer publiquement que Banjo-Kazooie avait su surpasser en tous points Super Mario 64 ?

A l’occasion de son arrivée sur Xbox Live Arcade, nous vous proposons le test du jeu made by Rare, sorti à l’origine sur Nintendo 64, et étant resté dans les mémoires comme le Mario-killer de l’époque.

Un ours, un oiseau… chabadabada

Vous êtes Banjo, un ours pas très futé. Non, pardon ; vous êtes Banjo et son acolyte Kazooie, le piaf surexcité qui l’accompagne partout, gentiment rangé dans son sac à dos. Votre soeur, l’adorable Tooty, a été capturée par la sorcière du coin, la très méchante et très laide Gruntilda; Celle-ci prévoit de faire un transfert de beauté à l’aide d’une machine de sa conception, pour s’approprier tout le charme de l’ourse, et lui refiler ses pustules en échange.

C’est sur cette idée de base que démarre Banjo-Kazooie. Dès le départ, le jeu affiche sa différence par rapport aux ténors du genre, comme Super Mario 64 : l’humour y est incisif, volontairement stupide, froid et… finalement; complètemenr british. Bien avant des chefs-d’oeuvre d’humour mature et décalé comme Conker’s Bad Fur Day, Rare affiche déjà son style et cela passe aussi bien par des dialogues complètement crétins que par des musiques parodiques… mais on y reviendra.

Votre duo de choc !

Un ours, un oiseau… des possibilités infinies

Le début du jeu, sous forme de tutorial dans la Montagne Spirale, lieu de résidence de Banjo et Kazooie, donne le ton en termes de gameplay. Il s’agit de plateforme tout à fait standard et équilibrée, à une exception près : les mouvements en coopération !

Vous apprendrez ainsi que, si vous dirigez directement Banjo, vous aurez perpétuellement recours à cette mauvaise langue de Kazooie. Donner des coups en l’air exécutera ainsi une série de coups de bec redoutables. De la même manière, vous pourrez effectuer un “saut chargé” plus haut en vous aidant des ailes de Kazooie.

Ces mouvements coopératifs sont au centre du jeu. Vous partez avec un panel de mouvements de base, mais tout au long des niveaux, vous en apprendrez de nouveau en retrouvant les emplacements de Bottles, votre pote la taupe bigleuse. Parmi les possibilités qui s’offriront à vous : un super saut, des bottes de vitesse, des échasses pour traverser les zones dangereuses, des œufs à lancer, et évidemment, la faculté de voler. Bien entendu, certains mouvements seront nécessaires pour progresser dans le jeu, ou vous seront utiles si vous revenez dans des niveaux déjà parcourus…

Vous pouvez cracher vos œufs ou bien les... "péter".

Un ours, un oiseau… mais où est le plombier ?

Le concept du jeu reprend entièrement l’idée de Super Mario 64. Vous disposez donc d’un environnement “de base” (le repaire de Gruntilda), dans lequel vous déverrouillerez l’accès à de nombreux niveaux à thème. Pour cela, il vous faudra trouver des pièces de puzzle (équivalents aux étoiles de SM64), au nombre de 10 dans chaque niveau.

Le travail de collecte ne s’arrête pas là puisque le nombre d’objets que vous pourrez trouver donne le tournis. Parmi les plus importants, citons :

  • les notes de musique : au nombre de 100 par niveau, elles seront nécessaires pour ouvrir les portes numérotées dans le repaire de la sorcière, et ainsi progresser dans le jeu.
  • les crânes de Mumbo : ceux-là seront utilisés comme monnaie d’échange pour obtenir des transformations auprès du magicien Mumbo Jumbo, présent dans certains niveaux uniquement.
  • les Jinjos : au nombre de 5 par niveau, ils vous donneront une pièce de puzzle lorsque vous les aurez tous retrouvés.
  • les œufs, plumes… sont des objets indispensables pour utiliser certains mouvements en coopération.

Vous l’aurez compris, la diversité est de mise. Cela aura sans doute pour effet de perdre un peu les néophytes, d’autant que tout n’est pas toujours expliqué le plus clairement du monde, mais après quelques parties on prend finalement ses aises avec ce système.

Concernant les niveaux, il y en a 10, chacun disposant d’une thématique bien particulière et les rendant tous inoubliables. Tous les clichés des jeux de plateforme/aventure sont là : la montagne enneigée, le désert avec ses sables mouvants, le cimetière et ses morts-vivants… Cela peut sembler peu, mais sachez qu’à l’inverse de Super Mario 64, les secrets contenus dans le monde principal (le repaire de Grunty) sont nombreux et parfois extrêmement bien cachés, vous demandant un vrai travail d’exploration. De plus, si les premiers niveaux sont d’une simplicité déconcertante, les derniers vous donneront du fil à retordre avec des ennemis coriaces et des notes de musique bien planquées.

Freezeezy Peak, un des niveaux les plus mémorables du jeu

Un ours, un oiseau… c’est marrant, non ?

On en viendra à tout ce qui fait la force de Banjo-Kazooie : son caractère si particulier ! Si l’humour fendard et typiquement anglais ne plaira pas à tout le monde, ce que personne ne peut nier, c’est la patte incroyable que porte ce jeu tout au long de l’aventure. Les graphismes colorés et le design caractéristique des personnages, en plus d’être sublimes pour de la N64 à l’époque, disposent d’une personnalité extraordinaire.

Les musiques sont sans doute ce qui restera un des points les plus marquants de ce grand jeu. Elles sont toutes composées par Grant Kirkhope, à qui l’on doit également les musiques de Banjo-Tooie, Donkey Kong 64, Starfox Adventures, Viva Piñata, Banjo-Kazooie Nuts and Bolts… (et dont on a d’ailleurs appris en juillet dernier le départ de Rare). Les sonorités MIDI de la N64 sont exploitées afin de faire ressortir quelques instruments caractéristiques : le banjo (bien sûr), mais aussi le basson ou le xylophone. De plus, comme c’est rarement le cas dans les jeux, la musique s’adapte en temps réel, en fonction de votre environnement (eau, personnage…) ou d’un événement (course contre la montre). Associez à cela les bruitages caractéristiques et saccadés des voix pour chaque personnage, et vous obtiendrez une ambiance sonore proprement hilarante, tellement culte que Rare n’a pas osé changer de recette pour Banjo-Kazooie Nuts and Bolts sur Xbox 360 !

Plus surprenant encore, B-K n’hésitera pas à jouer avec les codes du jeu de plateforme pour vous proposer des moments parodiques d’un humour rare (Rare… elle était facile). Sans trop vous en révéler, disons qu’ici les “cheat codes” font partie intégrante du jeu, mais aussi que le boss final ne sera sûrement pas ce que vous attendiez…

Vous devrez aider cet écureuil qui a des... gaz. Hé oui, BK c'est aussi ça.

Un ours, un oiseau… un culte

Je pense que vous l’aurez compris, B-K est un des plus grands jeux de plateforme de son époque, et se hisse au panthéon des meilleurs tous supports confondus. Remportant haut la plume son duel face au plombier moustachu, il se payera même une suite tout aussi réussie, et encore plus désopilante : Banjo-Tooie.

Certes, les esprits chagrins n’apprécieront pas forcément de se perdre dans les étendues du repaire de Gruntilda. D’autres noteront également que le jeu se finit rapidement pour peu qu’on s’en donne la peine et qu’on ne soit pas trop mauvais. Il est vrai que si le challenge est assez relevé dans les derniers niveaux, terminer le jeu n’a rien d’une gageure… (cependant, tentez donc de collecter toutes les pièces de puzzle !).

Ce serait oublier l’ambiance incomparable du titre, grâce à ses musiques légendaires (ah ! le thème de Freezeezy Peak !), ses transformations complètement barrées, ses épreuves variées et inattendues… et son gameplay au poil. Tant de choses dont un Super Mario 64, malgré ses propres qualités, ne pourra pas se targuer.

Ne ratez surtout pas ces notes de musique !

Un ours, un oiseau… c’est nouveau ?

A l’occasion de la sortie du troisième épisode de la série sur Xbox 360, intitulé Banjo-Kazooie Nuts and Bolts, Microsoft a également décidé de ressortir le premier volet en version téléchargeable sur le Xbox Live Arcade.

Cette version est fidèle en tous points à la version d’origine, si l’on excepte le retrait évident des logos Nintendo et Nintendo 64. Parmi les améliorations notables, le jeu est désormais d’une finesse sans égal (passer du flou de la N64 à de la HD, ça fait un choc !), est complètement compatible 16/9 (vous n’aurez pas d’immondes bandes sur les côtés de l’écran), et gère les classements Xbox Live. On notera enfin que le jeu se révèle bien plus jouable au pad Xbox 360, et que quelques “facilités” ont été incorporées, comme par exemple le fait que vos notes de musique collectées soient sauvegardées une fois pour toutes.

Offerte pour toute réservation de Banjo 3, cette version est également disponible à 1200 points sur le XLA. Un téléchargement indispensable si vous n’aviez pas fait le jeu à l’époque, mais plus discutable si vous êtes un fan, en raison de son prix un poil élevé.

Treasurecove_Island_shark2.jpg Treasurecove_Island_Fly_View.jpg Rusty_bucket_bay_box4.jpg Mad_Monster_Mansion_Napper_creep.jpg Mad_Monster_Mansion_attack.jpg Gobis_valley_hand.jpg Freezeezy_Ice_Key.jpg Click_Clock_Wood_Man_Eating_Plant2.jpg Click_Clock_Wood_bee3.jpg Clankers_cavern_clanker2.jpg

Liens pertinents

Toutes les captures d’écran proviennent de la version Xbox Live Arcade du jeu

Yoann Ferret

Directeur de la publication, fondateur de Café Gaming, et plein d'autres titres pompeux qui ne veulent rien dire. J'aime la bière, le chiptune bien fat, SEGA, Tetsuya Mizuguchi et Rock Band. Quand je n'écris pas sur Café Gaming, j'écris... sur Freenews — il paraît même que c'est mon job.

Laisser un commentaire