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Manga Party Awards : le compte-rendu qui fait mal

affiche_mpa.jpg Jeudi 30 avril 2009, à l’Olym­pia. Devant une assem­blée bien peu enthou­siaste, peu pubère, et une fosse à moi­tié vide, débute une soi­rée inti­tu­lée Manga Party Awards. Le ton est donné dès les pre­miè­res secon­des : sur fond de jin­gles et de voix-off à la sauce NRJ, on nous annonce une sôaââ­rée de toute beaûûûté con­sa­crée à la cul­ture japo­naise, c’est-à-dire : les MAN­GAS ! (Vous voyez une objec­tion à ce rac­courci facile ? Nous non !)

Nous y étions. Résumé du mas­sa­cre.

Reve­nons aux ori­gi­nes de ce pro­jet. On ima­gine faci­le­ment la scène sui­vante, dans le bureau d’une boîte de pro­duc­tion…

— Hey, j’ai un truc bien sympa là !
— Zzz… hein quoi ?
— Oh par­don, je t’ai réveillé…
— Non non, tu disais ?
— Ben, je viens de voir là, y’a moyen de se faire des couilles en or. Un mar­ché por­teur de malade. D’après nos cour­bes de ten­dance, y’a un gros retour de la mode japo­naise. Tu sais, les des­sins ani­més et tout…
— De quoi ? Les tren­te­nai­res puceaux qui se bran­lent devant le géné­ri­que de Dra­gon Ball Z ? C’est mort, y’a déjà les gloubi-boulga nights, on peut pas riva­li­ser…
— Ouais mais non, y’a un vrai revi­val, plein de petits jeu­nes pour­ris-gâtés, avec les parents der­rière qui allon­gent la thune… et le meilleur c’est que le ter­rain a déjà été pré­paré. Y’a des édi­teurs spé­cia­li­sés, on peut leur faire miroi­ter de la promo en échange de leur par­ti­ci­pa­tion… Tiens, regarde, y’a même une chaîne de télé entiè­re­ment con­sa­crée à la cul­ture japo­naise, ils ont fait un gros bou­lot pour pro­mou­voir la musi­que, ame­ner tout ça en France, donc main­te­nant que la con­fiance est déjà acquise, on n’a plus rien à faire… c’est du tout cuit je te dis !
— Ah ouais pas mal. Donc si je te suis, on ramène quel­ques faces de foie jaune avec des gros­ses gui­ta­res, et même si le public ne les con­naît pas et que c’est de la merde, ça mar­chera parce qu’ils sont japo­nais ?
— Voi­lààà ! C’est tel­le­ment à la mode qu’il y a plein de pas­sion­nés qui ont formé des asso­cia­tions… Ten­gumi, Epi­ta­nime… ils font des évé­ne­ments gra­tos, des karao­kés pour les attar­dés et tout… On a qu’à faire appel à eux pour pas un rond.
— Les cons !
— Tu l’as dit. Bon, d’après les ten­dan­ces, on peut faire un truc autour du mot “manga”, ça veut tout et rien dire à la fois. Suf­fit de bien posi­tion­ner le truc. Je m’occupe de bara­ti­ner les asso­cia­tions, les chaî­nes et les grou­pes, pen­dant ce temps trouve-nous une salle qui en fout plein la gueule, faut que ce soit prêt dans une semaine.
— Ca roule coco.

Bla­gue à part, il sem­ble évi­dent que cette soi­rée était tout d’abord là pour sur­fer sur une mode en plein essor en France, et par­ti­cu­liè­re­ment juteuse. Quel­ques signes avant-cou­reurs lais­saient pré­sa­ger d’un truc dou­teux : sur le site offi­ciel, cet art­work immonde “façon manga”, ou encore la pré­sence annon­cée des weea­boos et des goth-loli­tas de Tokyo Deca­dance.

Mais le pire res­tait sans doute la page de votes en vue de la remise des Awards, sur laquelle on pou­vait trou­ver un nom­bre con­si­dé­ra­ble d’inco­hé­ren­ces. Dofus ou Ragna­rok dans la caté­go­rie Jeux vidéo, Daft Punk ou Gwen Ste­fani dans la caté­go­rie Clips vidéo, Watch­men pour les Meilleurs man­gas, Twi­light ou Dra­gon Ball Z pour les Films live, la quasi-tota­lité des artis­tes/grou­pes clas­sés comme “Espoirs”… de toute évi­dence, les orga­ni­sa­teurs de ce truc n’étaient abso­lu­ment pas au fait de la “j-cul­ture” et les lis­tes avaient été com­po­sées qua­si­ment au hasard. Bref, ça s’annon­çait mal. Et pour cause…

Résumé de la soi­rée

Après une (trop) lon­gue intro com­po­sée d’ima­ges de syn­thèse abs­trai­tes sur les murs de l’Olym­pia, accom­pa­gnée d’une voix-off hila­rante digne des pires tea­sers de nanars, le pré­sen­ta­teur de la soi­rée fait son appa­ri­tion.

Bozo le Clown ! Qu’on se mette bien d’accord par avance ; dans l’absolu je n’ai rien con­tre ce type. Je pense qu’il a sim­ple­ment fait son bou­lot, et ce qu’on lui deman­dait de faire… mais voilà, le résul­tat était désas­treux ; non con­tent de s’adres­ser sur un ton sur-enjoué à la salle, comme s’il s’adres­sait à un audi­toire de 12 ans maxi­mum, celui-ci ne pou­vait s’empê­cher de lâcher des van­nes pour­ries en per­ma­nence, pour faire du rem­plis­sage (“on se sort les sushis du cul !”). Mal­gré le fait que cela tom­bait régu­liè­re­ment à plat, notre ami ne se lais­sait pas décou­ra­ger et con­ti­nuait son petit numéro. Un bel exem­ple de cou­rage.

Je ne com­men­te­rai que très briè­ve­ment la pres­ta­tion du pre­mier groupe (Royal Caba­ret). Je ne suis pas ama­teur de musi­que japo­naise, à de rares excep­tions près. J’évi­te­rai donc de me pro­non­cer sur la qua­lité intrin­sè­que du groupe, qui, si je me fie aux avis d’autres per­son­nes pré­sen­tes dans la salle, était inconnu au bataillon. Je pour­rai tout de même faire remar­quer que la qua­lité sonore était désas­treuse, avec un son saturé de tous les côtés, une basse inau­di­ble, des gui­ta­res nasillar­des… Dans une salle telle que l’Olym­pia, qui per­met nor­ma­le­ment une très bonne acous­ti­que, c’était plu­tôt pitoya­ble. Pas­sons.

On pas­sera éga­le­ment assez rapi­de­ment sur les séquen­ces de dis­tri­bu­tion d’Awards qui par­se­mè­rent la soi­rée. Outre leur cré­di­bi­lité plus que dou­teuse (on en a déjà parlé plus haut), et l’orga­ni­sa­tion lamen­ta­ble de l’ensem­ble (les écrans affi­chaient les nomi­nés en dif­féré, et par­fois car­ré­ment la mau­vaise caté­go­rie), le tout était de toute façon bâclé et ne ser­vait que de pré­texte à la soi­rée et même à son inti­tulé. Les Awards étaient dis­tri­bués à toute vitesse, dans l’indif­fé­rence géné­rale (gagnant, per­dant, per­sonne ne s’en sou­ciait réel­le­ment), et sur­tout en l’absence de tout repré­sen­tant. L’Award est remis à truc­mu­che, cir­cu­lez.

Ankama/Kaze, sponsors peu discrets Ce qui déran­geait le plus était sans doute la dimen­sion beau­coup trop “spon­so­ri­sée” de la soi­rée. Outre les Awards en eux-mêmes, des spec­ta­teurs étaient régu­liè­re­ment con­viés à mon­ter sur scène pour répon­dre à des ques­tions sim­plis­si­mes et très orien­tées grand public (du genre : “Quel est le nom de famille du héros de Full Metal Alche­mist ?”, “Quel est le mets pré­féré du shi­ni­gami dans Death Note ?”…). La quasi-inté­gra­lité de ces ques­tions lais­sait res­sor­tir un fort spon­so­ring, avec des ques­tions récur­ren­tes sur des pro­duits édi­tés par Ankama ou encore Kaze. Le paroxysme fut atteint lors­que pen­dant 10 minu­tes, la scène se vida pour lais­ser place à la dif­fu­sion de ban­des-annon­ces de pro­duits Kaze sur les écrans de la salle. Oui, comme les pubs quand vous allez au cinéma…

Le second groupe con­vié sur scène, Gad­get, ne m’a pas plus ins­piré que le pré­cé­dent, à part qu’ils fai­saient encore plus de bruit. Vu l’accou­tre­ment des gus­ses, il s’agis­sait d’un groupe de visual-quel­que-chose… tout ce que je hais, en fin de compte. Pas­sons une fois encore.

Pen­dant ce temps, les défi­lés de cos­play, orga­ni­sés par l’asso­cia­tion Ten­gumi, com­men­çaient. Tout d’abord, il con­vient de remar­quer que pen­dant ces pha­ses, l’ani­ma­teur habi­tuel de la soi­rée lais­sait la place à l’ani­ma­teur de Ten­gumi. Clai­re­ment habi­tué à ce genre d’évé­ne­ments, et à ce type de public, celui-ci reboosta clai­re­ment la soi­rée. Une ani­ma­tion beau­coup plus pêchue, moins gnan-gnan, plus drôle… pour quel­que temps on n’avait plus la sen­sa­tion d’être pris pour des attar­dés, c’était beau. Mais c’est quand même un com­ble que l’ani­ma­teur “invité” soit bien meilleur que le vrai.

Bref, ces cos­plays ? Eh bien ils n’étaient pas mau­vais du tout. Cer­tes pas tous excel­lents non plus, et il y avait quel­ques trucs vrai­ment ratés. Dans l’ensem­ble, peu de par­ti­ci­pants de toute façon (his­toire sans doute de ne pas bouf­fer tout le temps de la soi­rée). Les cos­plays indi­vi­duels étaient pré­sen­tés 3 par 3, et il y avait éga­le­ment des cos­plays de groupe. C’était véri­ta­ble­ment un des seuls bons moments de la soi­rée, mais tout le mérite en revient à l’asso­cia­tion Ten­gumi, nul­le­ment aux orga­ni­sa­teurs de la soi­rée.

Quel­ques visa­ges con­nus parmi les cos­playeurs, ça fait tou­jours plai­sir. Néan­moins, on regret­tera que les gagnants du con­cours n’aient eu droit qu’à un DVD pou­rave et une pochette de car­tes à jouer Naruto (!), soit le même lot que pour la bonne réponse à une ques­tion du quizz. Hon­teux.

Pas­sons à l’autre bon moment de la soi­rée : le karaoké. Entiè­re­ment conçu et animé par l’asso­cia­tion Epi­ta­nime, celui-ci réveilla la salle au cours de cet évé­ne­ment inter-mina­ble. Je pense que les murs de l’Olym­pia n’avaient jamais connu un tel bor­del lors­que tout le monde entonna avec force les géné­ri­ques de Capi­taine Flam, Nicky Lar­son, Gol­do­rak (VF), Saint Seiya, Naruto, X (VO)… le tout cou­ronné par le staff d’Epi­ta­nime monté sur scène pour un final com­plè­te­ment cra­cké.

Tokyo Decadance, c'est Kikoogothlolimdrkawaii ! J’igno­re­rai volon­tai­re­ment les grou­pes res­tants, à savoir Dead Sexy Inc. (groupe fran­çais de rock com­plè­te­ment pourri, jouant en grande par­tie en play­back et se livrant à des pres­ta­tions pseudo-sexuel­les ridi­cu­les sur scène) et Tokyo Deca­dance (non seu­le­ment je les méprise, mais voyant qu’ils clô­tu­raient la soi­rée, j’ai quitté la salle lors­que la chan­teuse en latex est arri­vée pour gueu­ler). Mais que fou­taient-ils là ?

Bilan et réflexions

Manga Party Awards était une soi­rée ratée, à visée lucra­tive et sur­fant clai­re­ment sur la mode man­gas­ses / bobos pari­siens pour ten­ter de ven­dre ses entrées, par ailleurs beau­coup trop chè­res (entre 28 et 35 euros). Résul­tat, cinq minu­tes avant le début du spec­ta­cle, l’Olym­pia était vide ; une ving­taine de pèle­rins s’entas­saient devant la scène, dans la fosse…

Je suis donc cer­tain que les rares per­son­nes ayant payé leur place seront heu­reu­ses d’appren­dre que pour rem­plir la salle et faire bonne mesure face à cet échec cui­sant, les orga­ni­sa­teurs ont décidé, à ce moment-là, de dis­tri­buer à l’entrée de l’Olym­pia des pla­ces gra­tui­tes à tout le monde ! Hon­teux, lamen­ta­ble, y’a-t-il d’autres qua­li­fi­ca­tifs plus adap­tés ? On en vient à se dire que c’est triste qu’une salle aussi pres­ti­gieuse con­naisse un sort pareil l’espace d’une soi­rée. Car oui, après avoir vu les MPA, quel­que part, on n’a plus tout à fait la même image de mar­que de la salle jus­que là irré­pro­cha­ble… dont les res­pon­sa­bles se gar­de­ront sans doute bien de renou­ve­ler l’expé­rience.

L’avan­tage est que face à un tel bide com­mer­cial, il n’y aura sans doute pas de seconde édi­tion, ou alors tota­le­ment revue jus­que dans ses moin­dres fon­de­ments. Hé oui, les gens ne sont pas tous prêts à dépen­ser une telle somme pour avoir droit aux mêmes défi­lés cos­plays et aux mêmes karao­kés que ce qu’ils auraient pu avoir gra­tui­te­ment, ou à un prix déri­soire, dans une con­ven­tion réa­li­sée par de vrais pas­sion­nés… comme par exem­ple la con­ven­tion Epi­ta­nime fin mai ? (non je ne fais pas de pub)

pigeon.jpg Puisqu’on en parle… je suis obligé de ter­mi­ner ce billet inqui­si­teur en vous fai­sant part de mon sen­ti­ment autour des asso­cia­tions de béné­vo­les, de plus en plus mises à con­tri­bu­tion pour ce genre d’évé­ne­ment. Faire appel à des pas­sion­nés, tra­vaillant pour le plai­sir, sem­ble être le nou­veau fer de lance pour des socié­tés à but bel et bien lucra­tif. Il est vrai qu’une société comme SEFA (l’orga­ni­sa­teur de Japan Expo) en a fait depuis pas mal d’années son fond de com­merce… avec la béné­dic­tion du public, puis­que la JE con­naît un suc­cès crois­sant à cha­que nou­velle édi­tion. Ma ques­tion est donc : jusqu’où peut-on lais­ser pas­ser ? Jusqu’où peut-on fer­mer les yeux face à ces socié­tés pro­duc­tri­ces exploi­tant déli­bé­ré­ment la bonne volonté de pas­sion­nés pour se faire masse thu­nes sur leur dos, en ne pro­po­sant fina­le­ment aucune valeur ajou­tée par rap­port aux évé­ne­ments orga­ni­sés direc­te­ment par les asso­cia­tions ?

Il n’est pas erroné de dire qu’en l’absence de Ten­gumi et Epi­ta­nime, ayant assuré les deux ani­ma­tions les plus appré­ciées de la soi­rée (les cos­plays et le karaoké), cette soi­rée n’aurait été qu’une vaste super­che­rie. Bien évi­dem­ment, le public pré­pu­bère, à l’affût des ques­tions sur le der­nier épi­sode de Naruto Ship­pu­den, ne se pose même pas la ques­tion… mais c’est bien là qu’on atteint un point que je con­si­dère gênant. Tant que le public ne réflé­chira pas aux con­sé­quen­ces et con­ti­nuera à engrais­ser les orga­ni­sa­teurs d’évé­ne­ments peu res­pec­tueux des asso­cia­tions, comme la Japan Expo, il met­tra petit à petit les évé­ne­ments les plus plai­sants, les plus amu­sants, ceux des asso­cia­tions, en dan­ger.

A défaut d’avoir été inté­res­sante, cette soi­rée aura peut-être servi à ouvrir une réflexion, peut-être même un débat. Là-des­sus, vos avis sont évi­dem­ment les bien­ve­nus. N’hési­tez pas à faire toute la mau­vaise pub du monde aux Manga Party Awards, ils le méri­tent. Ah et, je répète : si vous avez aimé le cos­play et le karaoké, la con­ven­tion Epi­ta­nime c’est bien­tôt et c’est bien. Non, je ne floode pas !

Yoann Ferret

Directeur de la publication, fondateur de Café Gaming, et plein d'autres titres pompeux qui ne veulent rien dire. J'aime la bière, le chiptune bien fat, SEGA, Tetsuya Mizuguchi et Rock Band. Quand je n'écris pas sur Café Gaming, j'écris... sur Freenews — il paraît même que c'est mon job.

30 thoughts to “Manga Party Awards : le compte-rendu qui fait mal”

  1. Bah dit donc y’en a du monde Epita ici xD
    Ouais et pour JE rappelons le prix de certains billets genre par exemple le platine à 100€ pour les 4 jours :3

    Quelqu’un sait ou on put trouver des photos et des vidéos de la soirée ?
    Ou tout a été brulé ensuite pour oublier ce qui c’était passé? :p

  2. Les caméras étaient interdites à part celles des pauvres journalistes…
    Les APN étaient légions chez les pauvres spectateurs victimes.

  3. Ha bon ? Bah, où ils se sont planqués ? j’ai pas mal scruté la salle (plutôt vide) et je n’ai vu personne de la chaîne. Ils ont peut-être juste pris des images filmées par l’organisation, remarque.

    De mon côté, j’avais essayé de faire rentrer une caméra… hum… clandestinement, mais mon plan s’est soldé par un FAIL monumental, d’où l’absence de toute vidéo dans ce billet.

    Concernant les photos, je sais que quelques personnes ont mitraillé, mais je n’ai pas d’url à fournir là maintenant. Si j’en trouve, je partagerai 😉

  4. Concernant l’emission de Suzuka, ils sont entrés avec une caméra et ont eu droit à 3 MINUTES de tournage =O comme quoi “sa va vite”
    Même Suzuka a un peu critiquer CE truc ^^
    Genre que l’animateur et bidon (en gros j’ai pas tout retenu)
    Sinon j’espère que tu pourra publier quelques images ^^ Pour nous … faire marrer ? 😀

    ++ -spouki-

  5. Beaucoup de joli monde sur ce billet, dis donc.

    Moi, je vais juste modérer l’avis un peu général que la majorité des gens semble avoir sur les MPA.

    Un mec a eu comme projet d’organiser un event de ce type dans une salle comme l’Olympia qui coûte une fortune à louer (bon en l’occurence il semblerait que ca n’ait pas couté trop cher à l’organisateur… Mais c’est une autre histoire ca). Pourquoi blamer un projet pour la simple raison que c’est commercial? Si des gens sont prêts à payer pour ce type de prestation, c’est que ce type de projet leur permet de consommer un peu leur passion. Tout type projet de ce type doit être viable financièrement. Il est obligatoire de préparer un budget, fixer des tarifs que des gens soient prêts à dépenser, degoter des sponsors etc… C’est un format comme un autre de projet lié à notre milieu japonisant. Si vous estimez que c’est trop commercial, n’y allez pas, et laissez tranquilles les gens qui pensent que ce format leur convient très bien.

    Un event commercial assumé a le droit d’exister.

    Maintenant le format était différent de ce qu’on a habituellement dans ce milieu. Personnellement l’air de rien, ca fait respirer, je trouve.

    Voilà, ca, c’etait pour dire pour stop aux chasses aux sorcières commerciales.

    Maintenant on en revient à une vraie critique de l’event qui effectivement était bourré de défauts. Je reviendrais pas dessus. L’article a relativement bien résumé ce que je pense.

    Pour l’abus des associations et leur équipe de jeunes gens passionnés, il est inutile de les plaindre. La majorité de ces gens sont venus pour se faire plaisir à l’Olympia. Les staffs d’Epitanime qui peuvent faire leur karaoke géant sur une scène comme celle ci, n’ont à mon avis aucune rancoeur à ne pas avoir été payé. C’est le genre de souvenir inoubliable pour des passionés comme eux et je ne pense pas qu’on puisse trouver un seul staff epitanime qui refuserai de recommencer dans les mêmes conditions.

    De même manière, les cosplayeurs venus, ont été surtout attirés par le fait que la soirée se faisait à l’Olympia, je doutes qu’il regrettent quoi que ce soit.

    Le seul point noir possible était à mon sens pour les visiteurs payants, qui pouvaient, en effet être décu de la qualité du show par rapport au prix de la place, et les differents partenaires presses/pro qui ont assisté finalement à une rencontre entre quelques fans et beaucoup de gens du milieu finalement. Une espèce de soirée VIP publique. Pas forcèment ce qu’espéraient les pros, mais qui sait?

    Et pour finis sur le HS lancé dans les commentaires, sur Epitanime / Japan Expo, si vous estimez que l’un ou l’autre event n’est pas pour vous, d’autres personnes peuvent l’apprécier. Il s’agit de deux évènement majeures en France avec leurs qualités et défauts.

    Personnellement je m’amuse beaucoup plus à Epitanime, mais je découvre des choses à Japan Expo qu’on ne verrait sans doute difficilement ailleurs.

    Des groupes comme Halcali et les défilés Laforet on ne les aurais peut être jamais découvert sans Japan Expo.

    Alors, merci Japan Expo, merci Epitanime, merci à tous ces gens qui contribuent à leur manière à l’essor de la culture manga en France. J’espère juste qu’un jour on puisse remercier les MPA avec enthousiasme, ce qui n’est pas forcèment le cas avec cette première édition.

    Mais il ne s’agissait que d’une première édition, on verra si le temps leur laisse l’occasion de mûrir.

    Ce dont je doute un peu mais bon…

  6. Beaucoup de joli monde sur ce billet, dis donc.

    Moi, je vais juste modérer l’avis un peu général que la majorité des gens semble avoir sur les MPA.

    Un mec a eu comme projet d’organiser un event de ce type dans une salle comme l’Olympia qui coûte une fortune à louer (bon en l’occurence il semblerait que ca n’ait pas couté trop cher à l’organisateur… Mais c’est une autre histoire ca). Pourquoi blamer un projet pour la simple raison que c’est commercial? Si des gens sont prêts à payer pour ce type de prestation, c’est que ce type de projet leur permet de consommer un peu leur passion. Tout type projet de ce type doit être viable financièrement. Il est obligatoire de préparer un budget, fixer des tarifs que des gens soient prêts à dépenser, degoter des sponsors etc… C’est un format comme un autre de projet lié à notre milieu japonisant. Si vous estimez que c’est trop commercial, n’y allez pas, et laissez tranquilles les gens qui pensent que ce format leur convient très bien.

    Un event commercial assumé a le droit d’exister.

    Maintenant le format était différent de ce qu’on a habituellement dans ce milieu. Personnellement l’air de rien, ca fait respirer, je trouve.

    Voilà, ca, c’etait pour dire pour stop aux chasses aux sorcières commerciales.

    Maintenant on en revient à une vraie critique de l’event qui effectivement était bourré de défauts. Je reviendrais pas dessus. L’article a relativement bien résumé ce que je pense.

    Pour l’abus des associations et leur équipe de jeunes gens passionnés, il est inutile de les plaindre. La majorité de ces gens sont venus pour se faire plaisir à l’Olympia. Les staffs d’Epitanime qui peuvent faire leur karaoke géant sur une scène comme celle ci, n’ont à mon avis aucune rancoeur à ne pas avoir été payé. C’est le genre de souvenir inoubliable pour des passionés comme eux et je ne pense pas qu’on puisse trouver un seul staff epitanime qui refuserai de recommencer dans les mêmes conditions.

    De même manière, les cosplayeurs venus, ont été surtout attirés par le fait que la soirée se faisait à l’Olympia, je doutes qu’il regrettent quoi que ce soit.

    Le seul point noir possible était à mon sens pour les visiteurs payants, qui pouvaient, en effet être décu de la qualité du show par rapport au prix de la place, et les differents partenaires presses/pro qui ont assisté finalement à une rencontre entre quelques fans et beaucoup de gens du milieu finalement. Une espèce de soirée VIP publique. Pas forcèment ce qu’espéraient les pros, mais qui sait?

    Et pour finis sur le HS lancé dans les commentaires, sur Epitanime / Japan Expo, si vous estimez que l’un ou l’autre event n’est pas pour vous, d’autres personnes peuvent l’apprécier. Il s’agit de deux évènement majeures en France avec leurs qualités et défauts.

    Personnellement je m’amuse beaucoup plus à Epitanime, mais je découvre des choses à Japan Expo qu’on ne verrait sans doute difficilement ailleurs.

    Des groupes comme Halcali et les défilés Laforet on ne les aurais peut être jamais découvert sans Japan Expo.

    Alors, merci Japan Expo, merci Epitanime, merci à tous ces gens qui contribuent à leur manière à l’essor de la culture manga en France. J’espère juste qu’un jour on puisse remercier les MPA avec enthousiasme, ce qui n’est pas forcèment le cas avec cette première édition.

    Mais il ne s’agissait que d’une première édition, on verra si le temps leur laisse l’occasion de mûrir.

    Ce dont je doute un peu mais bon…

  7. Oui, enfin, encore une fois, ce n’est pas l’aspect lucratif de la chose qui me dérange le plus. Je n’ai rien contre ça. Là où ça me gêne c’est quand c’est pourri d’une part, trop cher d’autre part, et qu’on y trouve de l’exploitation outrancière de bénévoles. C’est surtout le dernier point qui me chagrine ; il est anormal de demander gratuitement à des associations, “sous prétexte qu’elles existent”, le même travail qu’à des salariés qu’on aurait dû prendre pour l’occasion autrement.

    Oui, je suis bien conscient que sur un “CV” de cosplayeur, c’est la classe grave d’avoir fait l’Olympia, et ça doit être un trip certain. Oui, je suis conscient que les gars d’Epitanime ont joui sur le final du karaoké en sautant partout sur scène. Mais je vais aussi un peu plus loin que ça ; c’est cette exploitation de la passion des bénévoles (qui par ailleurs n’ont pas tort d’avoir participé à cette soirée) qui me pose souci.

    Je le dis avec d’autant plus de franchise que j’ai un certain recul vis-à-vis de ces associations. Même si je suis relativement proche d’Epitanime et de ses événements, je reste un élément extérieur et ça m’aide peut-être à relativiser, à avoir un regard plus acerbe, que les membres des assos concernées qui ont vu avant tout leur propre plaisir comme tu le soulignes (et je ne leur reproche absolument pas, qu’on se comprenne bien).

    Pour l’Olympia, vu l’organisateur, l’obtenir a dû être une simple formalité. Je ne vois pas trop ce qu’il y a à retenir de ça.

    Et pour finir sur ta remarque de fin, je ne pense pas que le but de MPA soit de mûrir. Quand on tombe sur un événement aussi bâclé, aussi… CARICATURAL, on est obligé de mettre en évidence ses visées purement et uniquement lucratives, sans aucune intention de proposer un spectacle de qualité derrière (logistique de merde, son de merde, animateur de m….. non, je l’ai pas dit !)

  8. Lo,
    Je voudrais apporter une petite précision au sujet de la professionnalisation de Japan Expo.
    Le divorce avec Epitanime s’est fait très rapidement, mais le salon est resté amateur dans son organisation jusqu’en 2004. Pour les trois éditions au CNIT, il y avait très peu de permanents, quasi toute l’orga (même les chefs) étant bénévole. Pendant l’édition 2004 il y a eu un contrôle de l’URSAFF, qui a suspecté du travail dissimulé et a suffisamment fait chier pour que ça pousse à la professionnalisation complète du salon. L’assoce organisatrice (JADe) a été dissoute, et pendant que les grands chefs passaient de l’autre côté en créant la SEFA beaucoup d’anciens volontaires ont rejoint une nouvelle assoce, Tengumi. Le temps que les choses se remettent en place, il n’y avait pas eu d’édition 2005.
    Bref, tout ça pour dire que JE n’est vraiment devenu commercial que lors de son installation à Villepinte. C’est là qu’il y a eu une rupture pour toutes les associations participantes, là qu’on a commencé à compter les chaises et que les bénévoles ont commencé à sentir qu’on les traitait comme des merdes.
    Après, j’étais pas aux MPA, les seuls échos que j’en ai eu c’était des cosplayers, qui ont bien trippé de passer sur cette scène mythique ; et n’avaient pas eu à payer leur entrée (contrairement à ce qui se passe à JE).

  9. Enfin une chronique sur cette abominable soirée ! Je commençais à croire que j’étais la seule à avoir vu la nullité de la chose. Je n’ai pas eu le courage de rester jusqu’à la fin d’ailleurs…

    Pour le reste, je ne vais pas entrer dans le débat qui me dépasse. Je méprise la JE depuis un bail de toute façon.

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