Ikaruga

Connaissez-vous Radiant Silvergun ? Ce shoot mythique de Treasure, sorti à la mort de la Sega Saturn. Treasure nous a refait le même coup mais cette fois-ci sur la dernière console de Sega. C’est ainsi que Ikaruga débarque le 5 septembre 2002 sur Dreamcast, un très beau cadeau d’adieu.

  • Éditeur : ESP
  • Développeur : Treasure
  • Genre : Shoot’em up
  • Plate-forme : Dreamcast (également disponible en Arcade, sur Gamecube et Xbox 360)
  • Sortie Japon : 5 septembre 2002
  • Classification : N/C

L’histoire

L’histoire commence dans le pays de Horai, une simple petite nation insulaire. Il y a quelques années, un des hommes les plus puissants de la nation, Tenro Horai, a découvert l’Ubusunagami Okinokai : le Pouvoir des Dieux. Cette énergie émanait d’un objet qu’il avait trouvé en creusant profondément dans la terre et elle lui a donné une force inimaginable. Peu de temps après, Tenro et ses disciples, qui se sont attribués le nom de « Divins », ont commencé à conquérir d’autres nations, les unes après les autres. Ils se considéraient comme « le peuple élu » et opéraient leurs conquêtes « au nom de la paix ».
Pendant ce temps, une fédération de la liberté du nom de Tenkaku se formait dans le but de défier Horai. A l’aide d’avions de combat appelés Hitekkai, ils combattaient dans l’espoir de libérer le monde de l’hégémonie Horai. Mais leurs efforts furent vains. Ils perdirent bataille après bataille et furent finalement totalement anéantis. Cependant, un jeune homme survécut miraculeusement ; il s’appelait Shinra.
Refusant la défaite, Shinra se remit en route vers Horai pour livrer une nouvelle bataille. Mais il fut battu. Il s’écrasa dans un lointain village du nom d’Ikaruga, habité par un groupe d’anciens contraints à l’exil par les conquêtes de Horai.
Kazamori, le chef du village, et les autres habitants retirèrent Shinra des restes de son avion et le soignèrent jusqu’à sa guérison.
Une fois qu’il eut recouvré sa force, Shinra annonce qu’il était déterminé à continuer le combat contre Horai. Les villageois lui confièrent un avion de combat qu’ils avaient construit eux-mêmes, l’Ikaruga.

Description des vaisseaux

  • le vaisseau de Shinra, l’Ikaruga : ce vaisseau a été conçu par l’ancien ingénieur de génie Amanai, avec l’aide de Kazamori et du chef du village Shinkai. Il s’agit du premier vaisseau de combat à intégrer les deux polarités énergétiques, noire et blanche, et de pouvoir passer de l’une à l’autre avec succès.
  • le vaisseau de Kagari, le Ginkei : ce vaisseau fait partie, à l’origine, de la génération précédente des vaisseaux de combat de Horai. Ses performances étaient excellentes mais il présentait des problèmes de production en série. Très peu d’entre eux furent donc produits : seulement quelques modèles expérimentaux. Kagari se prit d’affection pour la conception du Ginkei et s’empara de l’un d’entre eux pour en faire son vaisseau personnel. Après son arrivée à Ikaruga, Kagari le fit améliorer par Amanai afin qu’il bénéficie des mêmes spécificités que l’Ikaruga.

Le concept

Curieusement sous-titré Project R-S 2 pour Projet Radiant Silvergun 2, IKARUGA est totalement différent de son grand frère. Radiant Silvergun proposait déjà un gameplay très innovant, mais Ikaruga se démarque des autres shoots du fait de son originalité. Finies les moult armes et leurs progressions à la RPG-like ; cette fois-là, on est équipé d’une arme principale et d’une arme de destruction massive. La grande nouveauté : deux couleurs, blanc et noir ; yin et yang ; deux opposés. Ce système s’est retrouvé auparavant sur un jeu de plates-formes sur Saturn, développé également par Treasure, Silhouette Mirage. Dans Ikaruga, cette subtilité a été poussée à l’extrême. On commence blanc et on peut switcher en noir à n’importe quel moment, et vice-versa. Jusque là rien de bien difficile sauf que les ennemis rencontrés sont soit blancs, soit noirs. Lorsqu’ils sont d’une couleur définie, ils tirent des boulettes ou des rayons de cette même couleur. C’est à partir de là que le jeu devient difficile. Pour abattre un ennemi, deux cas de figure s’offrent à vous :

  • face à un ennemi de la même couleur que vous : ses boulettes vous font remplir votre jauge d’attaque spéciale mais vous prendrez plus de temps pour le détruire.
  • face à un ennemi de la couleur opposée : la moindre boulette vous détruira mais vous ferez beaucoup plus de dégâts que si vous étiez de la même couleur.

A vous donc de switcher quand il le faut pour ne pas être détruit. Venons maintenant au système des scores. On prend les mêmes et on recommence, on a encore droit à uns système de chaînes : lorsque vous tuez successivement trois ennemis blancs ou trois ennemis noirs, cela fait une chaîne. Ensuite enchaînez avec trois autres ennemis de la même couleur et vous avez fait une autre chaîne, et ainsi de suite. Pour faire péter les scores il faudra maîtriser ce système pour arriver à ne faire plus que des MAX CHAINS. Finalement, entre les switchs sans arrêts, les ennemis pouvant débouler en grappe pour vous atomiser, et les chaînes à effectuer pour réaliser de hauts scores, ce jeu s’apparente à un gigantesque puzzle. Qui a dit jeu hyper tendu ?

Une jouabilité crackée

Pour réussir à tâter le jeu et par la même occasion avoir toutes les chances de son côté, il faut maîtriser les commandes. Ces dernières sont très simples : pour diriger le vaisseau, on utilise la croix numérique. Certains regretteront peut-être le fait que l’on ne puisse pas jouer avec le joystick pour plus de précision. Ensuite trois boutons d’action ; par défaut, le tir est effectué à l’aide de la touche A, changer de polarisation se fait avec le bouton B et la grosse arme se déclenche avec la gâchette droite, R. Commandes simplistes mais challenge redoutable.
Petit bémol mais corrigible : le jeu n’étant sorti qu’au Japon, on aurait pu penser au premier abord qu’il tournerait directement en 60Hz mais il n’en est pas ainsi. Sur une Dreamcast européenne, le jeu tourne en 50Hz. Pour profiter du 60 Hz, vous devrez patcher l’iso du jeu si jamais vous ne possédez pas l’original. Avec le jeu original, il vous faut soit une Dreamcast japonaise, soit une Dreamcast européenne et le codebreaker, qui lancera le jeu en 60 Hz. Si vous avez la malchance de débuter le jeu en 50 Hz, sachez dorénavant qu’en 60Hz le challenge est beaucoup plus dru. Tout est plus rapide, les réflexes sont impératifs pour ne pas mourir toutes les 10 secondes.

Abordons maintenant les ennemis rencontrés. Suivant le chapitre exploré, vous avez des ennemis plus ou moins variés, plus ou moins gros, plus ou moins résistants, plus ou moins forts quoi ! Tous possèdent une jauge de vie plus ou moins longue suivant leur catégorie. En général, la longueur de leur jauge de vie est proportionnelle à leur taille. Ils n’ont que deux types d’attaques, soit boulettes, soit gros rayons d’énergie.

Les grosses difficultés ont lieu lors des affrontements face aux Boss. Autant ils sont d’une beauté et d’un esthétisme très agréables à regarder, autant ils sont d’une rare difficulté pour certains. Lors de ces combats, vous avez un temps imparti, cent secondes pour le détruire. Lorsque le temps est écoulé, le boss s’enfuit et la mission demandée n’est pas accomplie.

La plupart des Boss se présentent en plusieurs morceaux et regroupent les deux polarisations. Vous devez donc faire les bons choix pour l’abattre le plus rapidement possible sans mourir.

Trois modes de difficultés sont proposés, chacun avec leurs caractéristiques .

  • Easy : aucun débris lorsque vous détruisez un ennemi. Les boss sont moins virulents et peu de boulettes envoyées.
  • Normal : des débris sont envoyés seulement lorsque vous détruisez l’ennemi en étant de la même couleur. Les Boss deviennent un peu plus difficile.
  • Hard : le mode qui vous tiendra en haleine pendant un bon bout de temps. A chaque destruction d’un ennemi, des débris sont envoyés ; les boss deviennent un véritable cauchemar et sont très fourbes.

Petite remarque : on passe toujours le même temps sur un niveau quelles que soient les manières de jouer et les différentes difficultés. Que l’on détruise tout ou rien, le niveau avance continuellement. Il n’y a qu’au niveau des boss que l’on est plus ou moins rapide.

Le mode Deux Joueurs

Le premier joueur incarne Shinra, le second est aux commandes de Kagari. Les deux vaisseaux ont un aspect différent mais les actions restent les mêmes. Le jeu est le même qu’en mode solo, il n’y a pas plus d’ennemis. Il faut dorénavant gérer les actions de l’autre joueur. A partir de là, la communication est primordiale car d’une on ne peut pas se passer au travers, on se gêne automatiquement, et de deux, il faut établir des stratégies pour les boss. Exemple concret : au premier boss, le Butsutekkaï, vous pouvez couvrir votre partenaire en absorbant toutes les particules d’une couleur définie tandis que l’autre le bombarde dans la couleur opposée. Bien sûr, on ne peut pas se détruire mutuellement. A vous ensuite de peaufiner vos stratégies pour sortir victorieux des combats…

Un jeu splendide

La puissance de la Dreamcast est ici exploitée à fond pour nous faire profiter pleinement d’effets de toute beauté. Les effets de lumière sont remarquables, les explosions de fin de boss sont d’une rare beauté. Lors des vagues d’énergie dévastatrices qu’effectuent les ennemis, on peut remarquer un effet de flou du plus beau style. A l’achèvement d’un boss, on a droit à un ralenti ; la question qui se pose est la suivante : ce ralenti est-il volontaire ? Ou c’est le jeu qui rame ? Personnellement je dirai que ce sont des ralentis volontaires nous permettant de savourer la victoire :p.
Comment faire pour se consacrer au jeu, se concentrer, sans admirer les décors qui sont riches et variées ? Certains moments vous rappelleront sans aucun doute des passages de Radiant Silvergun, sauf qu’ici c’est dix fois plus beau. Mais à cause de cette qualité graphique époustouflante, on arrive parfois à faire ramer le jeu ; quand par exemple il y a un nombre important d’ennemis à l’écran et que vous déclenchez votre grosse arme, le jeu ralentit même si ça reste bref. Et pour compléter ce très joli tableau, le jeu est accompagné d’une bande-son magnifique…

Allumez et boostez vos enceintes !

On ne peut pas jouer à Ikaruga sans musique, ce serait rater quelque chose de rare. Les musiques sont très riches et variées, avec de nombreuses tonalités auxquelles on ne fait pas gaffe à la première écoute. Plusieurs familles d’instruments sont utilisées et mélangées pour donner un ensemble harmonieux unique. Tout colle parfaitement au jeu, les bruitages et la voix robotique donne un cachet particulier à ce shoot. Les musiques suivent le déroulement du jeu, ce qui fait que par moment l’adrénaline monte d’un coup. Les coups de basses et de grosses caisses, sur le chapitre 4 par exemple, sont d’une rare violence et ajoute du dynamisme à la partie.
Jouer à Ikaruga sans musique n’en vaut pas la peine. Hiroshi Iuchi, en plus d’être producteur du jeu, nous a fait une OST d’excellente facture donc pourquoi s’en priver ?

Conclusion ?

Treasure nous a encore pondu une perle et Ikaruga reste toujours aujourd’hui dans les dix premiers jeux de shoot anthologiques. Si vous êtes amateurs de shoot’em up, vous ne pouvez pas fermer les yeux sur ce jeu mythique. Surtout que même si vous ne possédez pas de Dreamcast, vous pouvez vous jeter sur la version Nintendo Gamecube, quasiment identique avec l’ajout de nouveaux modes et de bonus ou prochainement le prendre sur le Xbox Live Arcade sur Xbox 360. Un concept remarquable, une jouabilité parfaite, une bande-son qui arrache tout, des graphismes à couper le souffle, wow ! Que du bon.

Si on devait regretter quelque chose, ce serait l’utilisation partielle de l’écran. Pour profiter pleinement de votre écran, il faudra pencher le moniteur et ensuite dans les options sélectionner le défilement en horizontal. Avec une petite télé ça ne pose pas de problème mais avec une grande, le problème est plus tendu…
La durée de vie est plutôt faible quand on ne s’y attarde pas beaucoup ; mais pour dompter le jeu, va falloir passer du temps devant votre console.

Personnellement ce jeu fait partie de mon top 20 toutes consoles confondues et je ne pense pas qu’il sorte de ce classement un jour… Sinon faudra que j’allonge mon top. Pochtronnez-vous bien ;).

Auteur: Kendo

J'aime SEGA, MO5.COM, Epitanime, les arts martiaux, le roller et plein d'autres choses qui font que je suis complètement cracké. Joueur de longue date, curieux et avide de challenge, rien ne me résiste. Meilleur joueur de l'univers sur Saturn Bomberman, venez tester, vous morflerez.

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2 Commentaires

  1. Dispo depuis hier sur le Xbox Live Arcade pour 800 points. Graphismes en 720p et quelques bonus graphiques par ci par là. Le pied, merci Treasure.

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